Nouvelles du Burkina Faso, 12 mars 2024

"Bonjour,

Nous sommes dans une crise multidimensionnelle.

Ce qui est très préoccupant actuellement, c’est la question sécuritaire très instable et la situation économique difficile caractérisée par la flambée des prix.

Dans le Nord du pays les gens se sont réfugiés dans les villes ; ils ne vont plus dans les villages. Grâce aux interventions des Volontaires de la Patrie, les attaques ont baissé un peu. Mais le risque reste très élevé quand on prend la route.

Le Burkina a quitté la communauté de la CEDEAO. Mais pour l’instant, nous utilisons toujours le franc CFA. Les étrangers sont de plus en plus rares ici. Beaucoup d’hôtels ont fermé. La main d’œuvre ne pouvant plus être payée.

La situation économique est très précaire. La crise sécuritaire a empêché les populations rurales de produire et la conséquence en est une flambée des prix. Le sac de riz de 50 kg est passé de 18000 à 26000 Fcfa. 

Le bidon d’huile de 18000 à 24000 Fcfa.

Quant au plat de maïs (3kg), il est passé de 400 à 750 Fcfa .

En ce qui concerne les cantines à Kombissiri, la flambée des prix nous a conduits à réduire la ration pour allonger la durée du service.

Si la situation sécuritaire a impacté tous les secteurs, il faut souligner tout de même que le système éducatif burkinabé fait partie des secteurs les plus atteints, avec des exécutions sommaires d’enseignants, la destruction et/ou la fermeture d’écoles. Au regard de l’importance de l’éducation pour la survie de l’Etat, un organisme dénommé Secrétariat Technique de l’Education en Situation d’Urgence (ST-ESU) a été crée pour d’une part collecter et traiter les données relatives aux conséquences des attaques terroristes et, d’autre part, apporter des solutions pratiques en la matière. Ainsi, selon les chiffres donnés du mois de décembre 2023, 10 régions sur 13 sont considérées comme à fort défi sécuritaire. Les trois autres régions accueillent néanmoins aussi des Elèves Déplacés Internes. A ce jour 330 structures éducatives sont fermées sur l’ensemble du territoire national, contre 5478 en fin novembre 2023. En outre 1080 structures éducatives sont rouvertes sur l’ensemble du territoire national contre 1045 fin novembre 2023. Il faut dire que les régions du nord et du sahel sont celles qui enregistrent le plus de déplacés et d’écoles fermées pour cause de terrorisme.

Des efforts sont faits par le gouvernement actuel, mais la situation est encore assez critique.

Mon salut amical aux membres d’ALCEA SNS, avec tous nos plus vifs remerciements pour votre soutien."        

Boubacar Ouédraogo






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